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MALADIES TROPICALES EN COLOMBIE ?
La lutte contre les moustiques est la première ligne de défense !
“ De pronto en la tierra cesa la tormenta.
El cielo ha empezado a despejarse.
Y sobre la honda planicie se prolongan las gotas de rocío.
Sua , el sol, brilla a lo lejos.
Detrás de él surge Chuchuvira, el arco iris.
Es como si se engalanara la tierra de múltiples colores,
sus puntos llegan a un lado y al otro de la cordillera .....
..... Chuchuvira era el dios protector de los enfermos
de calenturas y de las mujeres embarazadas. “
( Alfredo García Giraldo – Mythologie Chibcha)
Les légendes chibchas racontaient déjà les orations des indiens à un Dieu qui les protégeait des fièvres ( las “calenturas”). De même, les premiers écrits des conquistadores espagnols faisaient référence à l’existence d’un remède de préparation artisanale locale, efficace contre certaines fièvres et issu de l’écorce de Quinquina, appelé par le père jésuite Bernabé Cobo: “ el árbol de calenturas”.
La prévention des “Fièvres tropicales” et leur traitement en Colombie sont donc intimement liés à l’histoire du pays, depuis des siècles.
Les maladies fébriles les plus fréquentes sévissant actuellement en Colombie sont : le PALUDISME, la FIÈVRE JAUNE, et la DENGUE.
Elles sont toutes trois transmises par un insecte “vecteur”, un moustique, soit l’anophèle dans le cas du Paludisme, soit du genre Aedes pour les autres. Le vecteur s’infecte en piquant un malade et en suçant son sang, puis contamine les sujets sains lors d’une piqûre ultérieure en injectant sa salive ( ayant un pouvoir anticoagulant ) contenant l’agent infectieux, avant d’aspirer le sang de sa nouvelle victime.
Il n’y a pas de contamination inter-humaine.
Il existe un vaccin contre la FIÈVRE JAUNE: il s’agit de la seule forme de protection efficace à 100 % dès le 10 ième jour après l’injection et pendant au moins 10 ans. Cette vaccination est actuellement fortement recommandée en Colombie, en particulier sur toute la côte atlantique, la zone frontière avec le Vénézuela, l’Amazonie, mais aussi la côte Pacifique et la zone cafetière. Elle consiste en une seule injection, en général bien supportée.
Elle est exigible dans certains pays à partir de l’âge de 1 an et possible dès 6 mois.
Les pays frontaliers et autres pays tropicaux exigent la vaccination anti-amarile pour tous les voyageurs en provenance de Colombie.
Elle ne s’applique que dans des centres de vaccination agréés.
À Bogotá:
CRUZ ROJA
Avenida 68 # Calle 66 esquina, Tél.: 437 63 35, 428 11 11, 429 77 99.
Lundi à samedi de 7 h à 10 h.
AÉROPORT – SANIDAD AEROPORTUARIA
Tél.: 414 79 96; à côté de American Airline
Lundi à samedi de 7 h à 19 h; dimanche de 9 h à 17 h.
CAMI CHAPINERO
Calle 66 Nº 15 – 41, Tél.: 345 38 83, 345 38 71, 345 38 72.
Lundi à vendredi de 8 h à 11 h.
CAMI SUBA
Carrera 92 Nº 146 – 30, Tél.: 683 26 41, 683 69 92, 685 54 09.
Lundi à vendredi de 8 h à 11 h.
TERMINAL DE TRANSPORTE
Calle 33 B Nº 68 D – 13, Módulo 4 – Local 136, Tél.: 570 88 28.
Lundi à vendredi de 7 h à 12 h et de 13 h à 16 h; samedi de 7 h à midi.
En ce qui concerne le PALUDISME, il n’existe pas encore de commercialisation de vaccin.
La chimioprophylaxie n’est conseillée en Colombie qu’en cas de séjours en zones d’endémie supérieurs à 15 jours et ne dépassant pas 6 mois. Selon les produits utilisés, elle doit être poursuivie pendant 4 ou 6 semaines après le retour. Elle est déconseillée chez les femmes enceintes et les enfants en bas âge. Il faut savoir qu’elle n’assure pas à elle toute seule une protection totale, et qu’elle peut même masquer un accès palustre en atténuant la symptomatologie et ainsi retarder le diagnostic et le traitement curatif. D’autre part, la chimiorésistance aux médicaments utilisés habituellement est une réalité préoccupante sur le plan mondial.
Donc, en règle générale, devant tout accès fébrile au retour d’une zone d’endémie, même plusieurs mois après et même si une chimioprophylaxie a été prise, il faut pratiquer un examen de sang à la recherche du plasmodium ( hématozoaire agent du paludisme, dont les espèces présentes en Colombie sont: “falciparum” et “vivax”).
Les zones d’endémie en Colombie sont toutes les zones rurales situées en dessous de 1800 m d’altitude.
La DENGUE est une maladie virale, comme la fièvre jaune, transmise par un moustique et dont l’incubation est de 6 à 7 jours. Elle sévit sur un mode endémo-épidémique dans toute la Colombie, en dessous de 1800 m, avec des poussées liées à une pluviosité plus abondante (pendant la saison des pluies).
Des cas ont même été rapportés près d’ agglomérations ou petites villes balnéaires proches de Bogotá (Melgar, Girardot, Peñalisa et ses lacs artificiels ...) et très convoitées par les touristes, pendant les week-ends. Moins redoutée, cette maladie est parfois confondue avec une grippe ou autre maladie virale plus ou moins bénigne. Mais il faut savoir qu’elle peut aussi revêtir la forme d’une fièvre hémorragique grave, ou du moins être très incapacitante.
En conséquence, il convient d’insister sur les mesures de PROTECTION CONTRE LES PIQÛRES DE MOUSTIQUES, lors de séjours en zones rurales.
Sachant que les anophèles piquent plus entre le coucher et le lever du soleil avec un pic entre 22 h et 4 h du matin ( moment d’activité accrue des femelles hématophages) et que les moustiques du genre Aedes sont diurnes ( ils peuvent piquer de l’aube jusqu’au soir), les mesures de protection doivent être appliquées jour et nuit.
En voici une liste exhaustive ( valable pour tous les pays tropicaux et sub-tropicaux):
- Portez des vêtements amples couvrant bras et jambes, de couleur plutôt claire. Lors de sorties ou d’activités vespérales ou nocturnes, il est conseillé de porter des chemises serrées au col et aux poignets, et des pantalons serrés aux chevilles. Le tissu devra être assez épais, car les moustiques peuvent piquer au travers de tissus trop fins. Éventuellement, si vous vous trouvez dans une zone à haut risque, il est aussi conseillé de porter des chaussettes assez épaisses et des chaussures fermées.
- Appliquez un produit répulsif ( soit sous forme de spray, lotion, savon ou stick) sur les zones de peau découvertes, y compris le visage, mais loin des yeux et des muqueuses, et évitez l’application sur une peau lésée ( plaie, éraflure). Ces produits sont en vente dans tous les supermarchés ou pharmacies du pays.
Attention: faites d’abord un essai sur une zone limitée afin de déceler une éventuelle allergie, évitez l’usage chez la femme enceinte.
La durée de protection est relativement courte, il faut renouveler les applications fréquemment, surtout si la peau transpire ou si vous vous baignez.
- Prenez de la Thiamine: vitamine B1 éliminée par la sueur, elle agit comme répellent. Commencez la veille du départ et arrêtez dès le retour de la zone d’endémie.
- Imprégner vos vêtements d’insecticide ( par pulvérisation ou par trempage de perméthrine ou Deltaméthrine à 0,5 %), si vous devez marcher en forêt. Le bas du pantalon doit être glissé à l’intérieur des chaussettes ou des bottes, si vous devez passer à travers de hautes herbes, buissons ou arbustes ( attention aux tiques !).
- Utilisation, la nuit, de moustiquaire en bon état, bordée sous le matelas ou touchant le sol, si possible imprégnée de pyrétrinoïde. Assurez-vous qu’aucun insecte n’est retenu à l’intérieur de la moustiquaire. Pensez aussi à protéger les berceaux, lits d’enfants et sièges relax pour bébés.
- Mettez, le soir, des diffuseurs insecticides ou des tortillons fumigènes.
- Dormez dans des pièces dont les ouvertures sont protégées par de fins grillages. Surtout ne dormez pas à la belle étoile. Ne marchez pas pieds nus.
- Si possible allumez un ventilateur de plafond, ou mieux, branchez la climatisation ( ne tue pas les insectes, mais permet de réduire leur activité).
Toutes ces mesures sont COMPLÉMENTAIRES et permettent de réduire de facon importante le risque de piqûres de moustiques.
Outre ces mesures de protection individuelles, il est important de connaitre les mesures de lutte contre la prolifération des moustiques au niveau collectif: destruction des gîtes larvaires ( enlever régulièrement l’eau accumulée dans les soucoupes des pots de fleurs, récipients extérieurs, pneus, nettoyage fréquent des citernes et des gouttières, etc ...), lutte anti-vectorielle par désinsectisation, utilisation de larvicides, etc ...
D’autres maladies tropicales liées a la présence d’ insectes vecteurs , existent en Colombie, en zones rurales: Leishmaniose par piqûre de Phlébotome, Trypanosomiase américaine ou maladie de Chagas par
l’intermédiaire de réduves ( sortes de punaises). Ces maladies ne réalisent pas d’urgence durant le voyage. Il est recommandé de consulter un médecin au retour si vous notez une piqûre d’insecte qui ne cicatrise
pas, se surinfecte ou qui tend à se “creuser”, ou devant tout autre symptôme
inhabituel. Toutes les grandes villes de Colombie possèdent des centres hospitaliers de renom, pourvus de spécialistes dans toutes les disciplines d’excellente qualité.
Si vous devez voyager dans le pays, en particulier avec des enfants, n’hésitez pas à consulter votre médecin pour connaitre les précautions à prendre. Celles-ci sont souvent données au cas par cas, selon l’âge, l’état de santé de chacun, la zone visitée et les conditions du voyage et de l’hébergement.
Dans les zones urbaines, les risques sont moindres, ou du moins identiques a ceux des pays dits développés: infections virales respiratoires, gastroentérites virales, grippe, ascaridiase, etc... Amibiase et giardiase sont encore très fréquentes, mais traitables. La fièvre typhoïde est possible mais rare, de même que la tuberculose.
Le choléra, maladie réputée “de la pauvreté” ne sévit plus depuis plusieurs années dans la région. C’est bien le témoin de l’amélioration sanitaire et des bons résultats de l’éducation des populations qui a été entreprise.
Enfin, révisez vos carnets de vaccination: les vaccins anti-tétanique et anti-polio doivent être à jour et les vaccins contre l’hépatite A et B sont fortement conseillés.
Vous voilà donc parés pour vivre la plus belle aventure qu’est la découverte de ce pays si merveilleux et attachant !
Dr Nicole BENOIT.
“Entretanto, en la tierra, los indios golpeaban el suelo. Se escuchaba música de caracoles y tambores.
De esta forma saludaban el arco iris.”
Glossaire:
Epidémie: Maladie évoluant par poussée et frappant de nombreux individus en même temps.
Endémie: Maladie présente pendant toute l’année, à un taux uniforme, dans une collectivité humaine.
Prophylaxie: Prévention d’une maladie.
Chimioprophylaxie: Prévention par médicaments.
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