LETICIA Leticia sur la carte 

Incontestablement, nous venons d’effectuer un voyage qui figurera parmi les plus marquants (surtout pour les enfants) ; aux confins de la Colombie, du Pérou et du Brésil existe un univers liquide et végétal, horizontal (le fleuve… et quel fleuve…) et vertical (les arbres…et quels  arbres…) absolument fascinant, captivant…


A deux heures d’avion de Bogotá, nous avons débarqué à Leticia avant de monter dans une pirogue à moteur qui, après quatre heures de navigation dans un dédale de cours d’eau, étangs et autres marécages,  nous a amené jusqu’à la « reserva Palmari », petit complexe « touristique » lové dans un coude du fleuve Yavarí, un affluent de l’Amazone. Là, dans des conditions précaires (des bungalows dépourvus d’électricité, donc de clim et autres facilités), avec un mince filet d’eau froide en guise de douche, vous êtes hébergés au milieu de la jungle tropicale.


Dans cette foret vierge ou les animaux règnent en maitres, l’homme parait un invité à peine toléré et se fait tout petit ; mais quel enchantement !!! Les enfants ne savaient plus où donner de la tête; accueillis par des perroquets et un singe à « l’hôtel », ils ont appris à capturer un caïman (certes petit), avant d’aller à la pêche aux piranhas. 


A plusieurs reprises, nous avons observé les fameux dauphins roses de l’Amazone, animaux mystérieux et craintifs dont l'accès à la zone dépend du niveau de l 'eau ; là, désolé, pas de photos, leurs apparitions sont trop furtives pour que le piètre photographe que je suis parvienne à ramener des clichés… surtout avec des rames à la main, des gamins gesticulant dans le kayak  et autres escadrons de moustiques attaquant en piqué… car il n’y avait pas que des bestioles sympas dans ce coin….

Le moindre insecte présente des proportions inquiétantes d’hélicoptère, donnant au décor des relents du film « Apocalypse Now ». Plus sérieusement, à part quelques piqûres dues à un excès de confiance, nous n’avons pas subi trop de désagréments. Bon,  il y a quand même eu une sorte de vipère qui a semé la panique en cuisine, une « veuve noire qui squattait la salle de bain de nos voisins et un lézard qui campait dans la notre, mais globalement, nous avons trouvé le site beaucoup moins hostile que prévu.


En revanche, que de découvertes passionnantes ; outre les joies de la nature qui ont ravi les enfants, mon épouse et moi avons particulièrement apprécié les visites de « communautés indigènes », petits villages de cabanes sur pilotis des berges péruviennes et brésiliennes du fleuve. Grace à l’entremise de notre guide, Manuel, un garçon particulièrement débrouillard et intelligent qui a vite saisi nos centres d’intérêts, nous avons pu nous balader au gré de nos envies dans cet environnement vraiment  dépaysant. Nous avons toujours été très bien accueillis (moyennant, il est vrai, quelques menus présents de Manuel) dans ces villages ou sans souffrir de la faim, les gens vivent dans un grand dénuement ; pas de misère au quotidien, mais des problèmes évidents dés que survient un imprévu (maladie, nécessité d’acheter des vêtements neufs…) que la pêche, la chasse ou le troc ne permettent pas de solutionner. 

Dans un de ces villages, mon fils cadet (moins inhibé que son ainé) a initié une partie de foot avec les gamins présents (France : 2  / Pérou : 1). Citez- moi donc un autre vecteur universel qui aurait permis à des gens aussi différents de fraterniser si rapidement. La musique peut être ? Oui, et encore, dans des conditions bien particulières (le soir, un feu de camp, Hugues Auffray qui se pointe avec sa guitare, Santiaaaaaano….mais je m’égare).


Nous avons vraiment été emballés par ce voyage. Cet univers que nous pensions beaucoup moins hospitalier qu’il ne l’est en définitive nous a séduits et impressionnés : un vrai choc culturel et humain, autant que touristique. C’est bien simple, les enfants veulent désormais  aller vivre en Amazonie… pour mon épouse et moi, c’est plus contrasté ; une semaine dans ces conditions, OK, mais nous avons été heureux de retrouver le confort moderne, avec bain chaud, réfrigérateur, machine à laver… ca faisait très longtemps que je n’avais pas passé 6 jours sans téléphone, sans mails, sans TV…


Philippe B.