BOGOTÁ

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

La capitale colombienne (6'779.000 habitants en juin 2010) est située dans la Sabana de Bogotá, sur le fertile et vaste haut plateau «cundiboyacense» qui s'étend au pied de la Cordillère Orientale des Andes Colombiens.
Elle est bordée à l'Est par les montagnes de Monserrate et Guadalupe et par le fleuve Bogotá ou Funza à l'Ouest.
Le « Distrito Especial » de Bogotá, fondé en 1954, est limité par les communes et les départements suivants :
- au Nord: la commune de Chía,
- à l'Est: les communes de La Calera, Choachí, Ubaque, Chipaque, Usne et Gutiérrez,
- au Sud: avec les départements du Meta et du Huila,
- à l'Ouest: avec les communes de Cabrera, Venecia, San Bernardo, Arbelaez, Paca, Sibaté, Soacha, Mosquera, Cota et Funza.
Altitude sur le niveau de la mer: Bogotá est la troisième ville la plus haute de l'Amérique du Sud, après La Paz et Quito.
Bogotá: 2.651 m. Guadalupe: 3.316 m. Montserrate: 3.190 m.
Climat: Grâce aux pluies fréquentes et abondantes, la Sabana de Bogotá est verte toute l'année, et d'une grande fertilité. La végétation luxuriante et très variée y permet l'élevage extensif de bovins.

HISTOIRE

Les premiers habitants de cette région furent les Muiscas, indigènes qui vivaient de l'agriculture, de la pêche, du commerce du sel et des émeraudes, ainsi que de la production artisanale. A l'arrivée des espagnols, ils étaient environ 500.000 et appartenaient à deux confédérations rivales: Celle du Zaque de Hunza (Tunja) au nord, et celle du Zipa de Bacatá (Bogotá) au sud. Leur organisation sociale et politique était hiérarchique et complexe, et la religion gouvernait la vie et les rites grâce à une mythologie riche et variée.

Habiles tisserands, leurs couvertures de coton étaient fort appréciées par leurs voisins avec lesquels ils exerçaient le commerce grâce au troc avec les pains de sel produits dans les mines de Zipaquirá et Nemocón et les magnifiques émeraudes. Les potiers fabriquaient aussi bien de simples et grossiers ustensiles domestiques que de superbes objets destinés aux rituels, comme les vases anthropomorphes représentant des prêtres et des caciques. Quant au travail de l'or, les orfèvres Muiscas réalisaient surtout des objets pour le culte, comme les «tunjos », offerts aux divinités des lacs, au soleil (Xué), et à la lune (Chía). Un très bel exemple de ce travail d'orfèvrerie est sans doute la célèbre «Balsa de Oro» que vous pourrez admirer au Musée de l'Or. Elle représente la cérémonie que célébrait le Cacique de Guatavita dans le lac du même nom, et qui donna lieu à la légende de l' « El Dorado ». Au cours de celle-ci, le Cacique recouvrait son corps de poudre d'or et naviguait sur un radeau jusqu'au centre du lac, pour s'y submerger et y jeter des offrandes.

Gonzalo Jimenez de Quesada fut le premier espagnol à pénétrer dans la région. Parti de Santa Marta en 1536 dans le but de remonter la vallée du Magdalena pour se rendre au Pérou par voie terrestre, il abandonna cette première idée pour suivre la piste d'un peuple producteur de sel. Après être passé par Nemocón, Teusa et Zipaquirá, il fonda la ville de Santa Fé (Gonzalo Jimenez de Quesada était né à Santa Fé de la Vega de Granada, en Andalousie). Le nom de Bogotá, qui s'ajouta plus tard au précédent, est une «espagnolisation» d'un mot de la langue chibcha «Bacatá», village situé à cet endroit, et résidence du Zipa. Le premier établissement espagnol comprenait 12 huttes et une chapelle. Il était placé à l'endroit où se trouve de nos jours la «Plazoleta del Chorro de Quevedo», au coin de la Calle 13 et de la Carrera 2. C'est en effet là que Jimenez de Quesada situa sa petite armée le 6 août 1538, date considérée comme celle de la fondation de la ville. Une chapelle conserve la statue du Christ de la Conquête, déposée là par le « conquistador » en témoignage de l'évènement. Peu après, deux autres « conquistadores » débouchèrent dans la région: Nicolás de Federmann, qui venait de la côte vénézuélienne en passant par les Llanos Orientales, et Sebastián de Belalcazar qui remontait du Pérou, fondateur des villes de Quito, Cali et Popayán. En 1550, Santa Fé devint le siège de la « Real Audiencia du Nuevo Reino de Granada », et en 1575 Philippe II lui décerna le titre de «Très Noble et Très Fidèle». Elle devint rapidement un centre important où arrivaient toutes les expéditions parties à la recherche de l' « EI Dorado».

Son importance et son rôle politique s'accroissent encore après la création définitive de la Vice-Royauté de la «Nueva Granada» en 1740, dont elle est la capitale. C'est ainsi que pendant l'époque coloniale, Santa Fé grandit et vit arriver des personnes cultivées et des hommes de science, surtout au cours du XVIIIe siècle. L'architecture de Bogotá était à cette époque «métissée»: les techniques espagnoles de construction se mêlent aux techniques indigènes. La ville se construisit petit à petit autour de la première chapelle. En grandissant, les primitives cabanes de bois et de paille furent rapidement remplacées par des constructions de pierres auxquelles s'ajoutèrent de nombreuses églises. Le quartier appelé aujourd'hui «la Candelaria» est le secteur le plus représentatif du Bogotá colonial. En parcourant ses rues, on trouve de vieilles maisons, des églises et des murs construits entre les XVI et XVIIIe siècles. Après l'Indépendance du pays le 7 août 1819, la ville ne garda que le nom de Bogotá, et devint la capitale de Cundinamarca et celle du nouvel Etat. Elle conservera toujours ce titre. Au cours du XIXe siècle, la ville se développa et grandit. Sa population augmenta d'abord assez lentement: un peu plus de 17.000 âmes en 1793, 150.000 au début du XXème siècle, et 350.000 pour son quatrième centenaire, en 1938. Puis la croissance s'accéléra: le nombre des habitants de Bogotá s'est multiplié par vingt au cours des cinquante dernières années, conséquence de l'industrialisation et surtout de l'immigration. Le 9 avril 1948, une révolution éclata à Bogotá lorsque le leader populaire ]orge Eliécer Gaitán fut assassiné. C'est le «Bogotazo». Une grande partie de la ville brûla, de nombreuses constructions coloniales et républicaines disparaissèrent, et furent remplacées par des buildings. En 1954 fut créé le Distrito Especial (D.E.), qui englobe en plus de Bogotá, les communes de Bosa, Engativa, Fontibon, Usme, Suba et Usaquén. Depuis les années 60, la ville ne cessa de s'étendre et de grandir. En 1991, la nouvelle Constitution Colombienne lui redonna son nom colonial : Santafé de Bogotá.

LA VILLE AUJOURD'HUI

La ville est cosmopolite et en pleine expansion. Nombre de ses 6'314,000 habitants sont des immigrants venus de tous les coins du pays, ce qui fait de la capitale un véritable microcosme de la société colombienne. Grandes tours et immeubles modernes remplacent petit à petit les belles maisons à briques rouges de style anglais, qui faisaient tout le charme de certains quartiers du nord de la ville, et ce modernisme contraste aussi avec les constructions coloniales et républicaines qui ont pu subsister. Bogotá offre l'avantage d'une agglomération moderne, les activités culturelles y foisonnent, les restaurants de tous types, les bars, les centres nocturnes y sont nombreux. Grosso modo, Bogotá peut être divisée en 4 grands secteurs:

  1. le centre, de la carrera 1 à 14 et de la calle 5 à la 34, qui comprend le vieux quartier colonial de la La Candelaria et le Centre International, ainsi que la plupart de bâtiments politico-administratifs, des musées, des centres culturels, des églises et autres monuments historiques,
  2. le secteur nord moderne, commerçant et résidentiel, siège de la vie financière, de l'activité culturelle et des loisirs,
  3. le secteur sud, constitué de quartiers ouvriers et industriels
  4. le secteur ouest, où se trouvent les grandes industries, divers parcs et des installations sportives, ainsi que plusieurs bâtiments administratifs et l'aéroport El Dorado.

    Savoir S'orienter:

  • les «calles» sont perpendiculaires à la montagne. Leur nomenclature augmente du sud vers le nord. Les numéros pairs se trouvent du côté nord de la rue.
  • les «carreras » sont parallèles à la montagne, et leur nomenclature augmente au fur et à mesure qu'elles s'en éloignent. Les numéros pairs se trouvent à l'est.
  • les «transversales» sont en réalité des carreras et les «diagonales» des calles.
  • les «avenidas » peuvent être aussi bien des « calles » que des « carreras ».
  • les «carreras » et « calles » intermédiaires ont souvent une lettre ajoutée au numéro.

Souvent, le numéro des « calles » et « carreras » est indiqué à leur intersection au moyen de bornes ou de petites pancartes vertes.