LA CANDELARIA

La Candelaria étant à la fois le cœur de l’histoire de Bogota et son centre culturel, il est essentiel de parcourir ce quartier en prenant son temps, à pied de préférence, afin de contempler ses maisons et édifices chargés de souvenirs et d’histoire. Les moyens de plus en plus importants consacrés à sa restauration mettent remarquablement en valeur la beauté de ces maisons coloniales.

La Plaza de Bolivar
C’est le 6 août 1538 que Gonzalo Jiménez de Quesada fonde la ville de Santa Fe, rejoint, quelques mois plus tard, par les troupes de Benalcázar arrivant de Quito et celles de Federman venant de Coro. Les trois espagnols font à cet endroit un pacte d’amitié et créent le premier conseil municipal ou cabildo, de Santa Fe de Bogota. Cet endroit deviendra la Plaza Major jusqu’en 1821 puis, place de la Constitution jusqu’en 1846, date à laquelle sera érigée la statue de Simon Bolivar, œuvre du sculpteur italien Tenerani. La place prendra alors son nom définitif : Plaza de Bolivar.
Autour de la place, en partant de la Cathédrale, la chapelle du Saint Sacrement, le Palais de l’Archevêché, de style républicain et dont la porte en bronze reproduit des scènes bibliques ; le collège majeur de San Bartolomé, le Capitolio nacional devenu le Sénat, le Palais de Liévano, aujourd’hui Hôtel de ville, puis le Palais de Justice et finalement la Casa del florero ou musée du 20 juillet.

Colegio Major de San Bartolomé
Le 23 septembre 1604 arriva de Carthagène un groupe de cinq jésuites pour fonder un collège. Ce fut le premier collège pour hommes à l’époque coloniale et c’est là que se formèrent plusieurs présidents de la république ou des personnalités telles que Antonio Nariño, Antonio Ricaurte ou Francisco de Paula Santander.

Capitolio nacional
Construit à l’emplacement de l’ex palais des vice-rois, il fut détruit en 1786 par un gigantesque incendie. Soixante ans plus tard le président Tomas Mosquera décide d’édifier un monument dans lequel logeront le Président, le sénat, la Cour suprême de justice ainsi que les bureaux ministériels.
La première pierre de ce bâtiment néoclassique sera posée en 1847, mais le projet fut ralenti par de nombreuses guerres civiles jusqu’en 1871. C’est finalement l’italien Mariano Santamaria et le français Gaston Lelarge qui achèveront la construction.

Le Palais de Liévano
C’est l’actuel Hôtel de Ville de Bogota. Durant la période coloniale il servit de prison, de conseil municipal et abrita également plusieurs vice-rois. Il doit être en partie reconstruit à cause du séisme de 1827.
A partir du XIX siècle Manuel Arrubla construisit les Galeries qui furent le premier centre commercial de Bogota avec à l’étage des bureaux publics et des logements.
Sa reconstruction fut achevée en 1905 par le français Gaston Lelarge après un incendie qui détruisit la mairie, ses archives et la compagnie du téléphone.
En 1974, les locaux commerciaux seront supprimés au profit de la Mairie de la ville.

Le Palais de Justice
Il fut quasiment détruit le 6 novembre 1985 après l’assaut par les guérilleros du M-19 qui avaient également retenu en otage des magistrats. La police et l’armée libèrent le Palais en 28 heures. De cet attentat résultèrent 55 morts dont 11 magistrats, et 10 disparus.

Musée du 20 juillet 1810 ou Casa del Florero
Cette construction coloniale est sise à l’angle nord-est de la Place de Bolivar. C’est un lieu symbolique de l’histoire colombienne. Ayany refusé de prêter un vase à un compatriote pour une fête en l’honneur d’un commissaire de région et d’un capitaine de frégate de la Marine Royale qui se rendaient à Bogota, Gonzalez Llorente déclencha « el grito de la independencia » qui aboutit à l’indépendance de la Colombie.
En 1960 elle devient un musée ouvert au public et l’on peut y voir différents documents, peintures, objets personnels appartenant à quelques personnages historiques qui furent les protagonistes de la lutte de l’indépendance de la Colombie.

Palais Nariño
Situé derrière le Capitolio Nacional, il est le siège de la Présidence de la République à partir de 1908. Il fut bâtit sur la maison natale d’Antonio Nariño, né le 9 avril 1765.
Le palais est de style républicain néoclassique, son mobilier, ses œuvres d’art, ses tapisseries sont le témoignage des différentes époques de l’histoire du pays.
Dans ses jardins se trouve l’Observatoire astronomique, construit par José Celestino Mutis, directeur de l’Expedition Botanique de 1783. Tour octogonale de 3 étages, elle fut le premier observatoire construit  en Amérique. Pendant la guerre d’indépendance, Nariño utilisa ses télescopes pour surveiller les mouvements des troupes espagnoles. Converti en prison pour le général Cipriano de Mosquera après le coup d’état du général Acosta en 1867 il redevient observatoire astronomique en 1880 sous le gouvernement de Rafael Nuñez.

Palacio de San Carlos
Situé à la Calle 10-6, c’est de l’une de ses fenêtres que le Libertador Simon Bolivar sautera en tenue d’Adam le 28 septembre 1828 pour sauver sa vie. Le dernier Président à y résider sera Rafael Reyes et depuis 1980, le palais est devenu le Ministères des Affaires Etrangères.

Teatro Colon
Il se trouve en face du Palais de San Carlos. En 1792 le commerçant José Tomas Ramirez obtient la permission de construire un endroit pour la diversion publique. On construira donc le premier théâtre de Sante Fe, le Coliseo de Ramirez et les premières comédies seront données en 1793.
En 1840 le théâtre est rénové et en 1885 le Président Nuñez l’exproprie et ordonne la construction d’un théâtre national. De style néoclassique, la rénovation est à la charge d’un groupe d’architectes, sculpteurs et décorateurs italiens et il est inauguré le 12 octobre 1892 avec le nom du découvreur des Amériques. C’est l’un des plus beaux théâtres du continent avec une capacité de 900 spectateurs.
Actuellement il est fermé pour des travaux de restauration intégrale.

Museo Botero
Cette maison située à la Calle 11-4 fut construite au XIXème siècle puis totalement rénovée au milieu du XXème. Elle abrite un legs de Fernando Botero rassemblant quatre vingt cinq œuvres de peintres européens comme Picasso, Renoir, Monet, Dali, Chagall, Giacometti, mais aussi latino-américains comme Tamayo, Matta, J.T. Garcia … et une bonne centaine de peintures et une quinzaine de sculptures de Botero lui-même. Ce musée jouxte la Casa de la Moneda, l’une des plus belles maisons de La Candelaria, qui se visite aussi.

La Plaza del Chorro de Quevedo.
Calle 14 entre les carreras 2 et 3, c’est à cet endroit que fut signé l’acte fondateur de la ville de Santa Fé. La petite chapelle ou Humilladero, la plus ancienne de Bogota, contient le crucifix de l’armée de Quesada.

Il y a encore bien de choses à voir et nous vous laissons le privilège de les découvrir.