FIÈVRES HÉMORRAGIQUES ET MOUSTIQUES –
CONSEILS AUX VOYAGEURS

Les fièvres hémorragiques transmises par les moustiques en Colombie sont : la fièvre jaune et la dengue. Ce sont des maladies virales et dans les deux cas, l’insecte « vecteur » est un moustique du genre Aedes.

Celui-ci s’infecte en piquant un malade, ou un animal selvatique porteur, et en suçant son sang. Le virus s’y multiplie, puis gagne ses glandes salivaires. L’insecte est ainsi prêt à contaminer un sujet sain, lors d’un prochain repas sanguin, au cours duquel il commence par injecter sa salive, ayant un pouvoir anticoagulant, avant d’aspirer le sang de sa nouvelle victime.
Il n’y a pas de contamination inter-humaine. La présence du moustique vecteur est essentielle pour la transmission de la maladie. Ainsi, dans les zones où le vecteur ne peut vivre ou se reproduire, la maladie est absente : c’est le cas des zones tropicales au-dessus de 1.800 m d’altitude.

La Fièvre jaune
Chez l’homme, l’incubation est de 3 à 6 jours. La maladie commence par l’apparition brutale de fièvre très élevée, avec maux de tête, douleurs
articulaires, courbatures, vomissements, éruption ( “phase rouge”), parfois
agitation et délire. Après une amélioration temporaire de 24 h, on assiste à la “phase jaune” avec coloration de la peau (“jaunisse”), hémorragies souvent graves et atteinte des reins, souvent fatale.
La vaccination anti-amarile consiste en une seule injection, en général très bien supportée. Elle est possible dès l’âge de 6 mois. C’est le seul traitement préventif efficace à 100 % et qui confère une immunité dès le 10 ième jour et pendant au moins 10 ans.
Ce vaccin est exigé actuellement dans de nombreux pays, pour tous les voyageurs en provenance de Colombie.
Il ne doit être appliqué que dans des centres de vaccination agréés, aptes à délivrer le carnet de vaccination internationnal.

La Dengue
Son incubation est de 6 à 7 jours. Moins redoutée, cette maladie est parfois confondue avec une grippe ou autre maladie virale plus ou moins bénigne. Mais il faut savoir qu’elle peut aussi revêtir la forme d’une fièvre hémorragique grave, ou du moins être très incapacitante.
Elle sévit sur un mode endémo-épidémique dans toute la Colombie, en dessous de 1.800 m, avec des poussées liées à une pluviosité plus abondante (pendant la saison des pluies). Des cas ont été rapportés dans des agglomérations ou petites villes balnéaires proches de Bogotá  (Melgar, Girardot, Peñalisa et ses lacs artificiels ...) et très  convoitées par les touristes, pendant les week-ends.
Il n’existe pas de vaccin contre la Dengue.

La protection contre les piqûres de moustiques
doit donc constituer une priorité.
Les recommandations sont valables pour les pays tropicaux et sub-tropicaux, elles sont utiles également à la protection antipaludique, et elles se complètent entre elles :
- Portez des vêtements amples, de tissu assez épais, couvrant bras et jambes, de couleur plutôt claire, chemises serrées au col et aux poignets, et pantalons serrés aux chevilles, éventuellement avec des chaussettes assez épaisses et des chaussures fermées si vous devez marcher en forêt.
- Imprégner vos vêtements d’insecticide ( par pulvérisation ou par trempage de perméthrine ou Deltaméthrine à 0,5 %) et glissez le bas du pantalon à l’intérieur des chaussettes ou des bottes dans les zones à haut risque.
- Appliquez un produit répulsif ( soit sous forme de spray, lotion, savon ou stick) sur les zones de peau découvertes, y compris le visage, mais loin des yeux et des muqueuses, et évitez l’application sur une peau lésée ( plaie, éraflure). La durée de protection est relativement courte, il faut renouveler les applications  fréquemment, surtout si la peau transpire ou si vous vous baignez. Ces produits sont en vente dans tous les supermarchés ou pharmacies du pays.
Attention: faites d’abord un essai sur une zone limitée afin de déceler une éventuelle allergie, évitez l’usage chez la femme enceinte.
- Prenez de la Thiamine: vitamine B1 éliminée par la sueur, elle agit comme répellent. Commencez la veille du départ et arrêtez dès le retour de la zone d’endémie.
- Utilisation, la nuit, de moustiquaire en bon état, bordée sous le matelas ou touchant le sol, si possible imprégnée de pyrétrinoïde. Assurez-vous qu’aucun insecte n’est retenu à l’intérieur de la moustiquaire. Pensez aussi à protéger les berceaux, lits d’enfants et sièges relax pour bébés.
- Mettez, le soir, des diffuseurs insecticides ou des tortillons fumigènes.
- Dormez dans des pièces dont les ouvertures sont protégées par de fins grillages.
- Si possible allumez un ventilateur de plafond, ou mieux, branchez la climatisation ( ne tue pas les moustiques, mais permet de réduire leur activité).
Ces mesures de protection individuelle permettent de réduire de facon importante le risque de piqûres de moustiques.

La lutte contre la prolifération des moustiques
est aussi un élément de protection, sur le plan collectif, important à prendre en considération et fait partie de tous les programmes éducatifs des zones rurales en pays tropical: destruction des gîtes larvaires ( enlever régulièrement l’eau accumulée dans les soucoupes des pots de fleurs, récipients extérieurs, pneus, nettoyage fréquent des citernes et des gouttières, etc ...), lutte anti-vectorielle par désinsectisation, utilisation de larvicides, etc ... La fumigation, dans les avions et zones de déchargement des marchandises dans les aéroports, doit être appliquée rigoureusement pour éviter le transport d’insectes contaminés et de ce fait l’apparition de cas de maladie autours des aéroports.

Si vous devez voyager en zones rurales, en particulier avec des enfants, n’hésitez pas à consulter votre médecin pour connaitre les précautions à prendre. Celles-ci sont souvent données au cas par cas, selon l’âge, l’état de santé de chacun, la zone visitée et les conditions du voyage et de l’hébergement. Au retour, consultez immédiatement en cas de fièvre.

NICOLE BENOIT