CARTAGENA OU « CARTHAGÈNE DES INDES » Carthagène sur la carte

                                    Patrimoine mondial de l’Humanité

La citadelle des Caraïbes est l’un des lieux de villégiature préférés des colombiens et des étrangers résidents en Colombie : histoire, climat et hospitalité, elle a en effet tout pour plaire.
Au moment de la conquête, la côte atlantique colombienne est peuplée d’indigènes des ethnies Caraïbes, décrits comme « très féroces » par leschroniqueurs de l’époque parce qu’ils résistent à l’envahisseur. Rodrigo de Bastidas est le premier espagnol à voir la baie de Carthagène en 1501, 9 ans après la découverte du Nouveau Monde. Il la nomme Golfo de Barú, pensant qu’il s’agit d’un golfe, mais n’y laisse aucun homme. Le nom de Cartagena apparaît en 1503 même si les historiens en ignorent précisément l’origine. Ils pensent que le lieu a ainsi été baptisé parce que les navigateurs, qui ne faisaient pas souvent preuve d’imagination, venaient de Cartagena d’Espagne. La ville sera d’ailleurs rebaptisée plus tard Cartagena de Indias (« Carthagène des Indes ») pour la distinguer de son homonyme espagnole.

PIRATES !

C’est Pedro de Heredia qui fonde la ville le 1er juin 1533 avec 150 hommes et après plusieurs débarquements ratés. Il explore la région jusqu’à l’actuel département d’Antoquia et pille les riches sépultures des Zenú, un groupe indigène passé maître en orfèvrerie qui a atteint son apogée six siècles plus tôt. Carthagène devient rapidement l’une des plus importantes places de l’Amérique espagnole en raison de sa situation géographique : à l’abri dans une baie, c’est le meilleur port pour embarquer les richesses du Nouveau Monde vers l’Espagne. Les pirates ou corsaires français et anglais le savent et ils se mettent bientôt à attaquer la ville. Le premier est un français du nom de Robert Baal. Il sera suivi de Martin Côte, Francis Drake, du baron de Pointis ou encore d’Edward Vernon. Les colons réagissent. A la fin du XVIème siècle, ils décident de fortifier la ville et se mettront à construire forts et murailles jusqu’à l’indépendance. Malgré les pirates, Carthagène devient très riche. Le port développe une activité commerciale intense et a l’exclusivité du trafic d’esclaves (avec Veracruz, au Mexique).

CARTHAGÈNE « L’HÉROÏQUE »

Le 11 novembre 1811, Carthagène est la première à déclarer son indépendance de la Couronne d’Espagne. Mais l’armée royale commandée par Pablo Morillo arrive 1815 et soumet la ville a un terrible blocus. Un tiers des habitants serait mort de faim et de maladies. Carthagène finit par se soumettre au bout de 4 mois. Mais, les troupes de Simon Bolivar, El Libertador, continuent de se battre, libèrent Bogotá puis Carthagène « l’héroïque » en 1821. Cette fois, l’indépendance est définitive. La période de souffrances n’est pas terminée pour autant : les riches familles ont fui, le commerce appartient à une époque révolue et la ville n’est plus que l’ombre d’elle même.

Le port de Carthagène finira par être détrôné par celui de Barranquilla, mieux situé, à l’embouchure du Magdalena, et dont la population ne cesse de croître au cours du XIX ème siècle. Il faudra attendre la seconde moitié du XXème siècle pour que Carthagène commence à se relever. Le réaménagement du canal « Del Dique », relance l’activité et l’industrie.

LA RENAISSANCE

La restauration de la vieille ville est entreprise au milieu des années soixante et Carthagène est classée Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO vingt ans plus tard.

Vous pouvez visiter ses fortifications, les murailles, le château de San Felipe, les forts de San Fernando et San José, le couvent de Santa Cruz de la Popa, le couvent et l’église de Santo Domingo, le Palais de l’Inquisition, la maison du Marquis de Valdehoyos, le musée naval, le musée de l’or, la maison de Rafael Núñez, la porte de l’horloge et sans oublier de rendre visite à la statue de l’ « india Catalina » ( une « malinche » locale) non loin des murailles.

Dans le centre de Carthagène vous pouvez aller passer quelques nuits romantiques et de luxe à l’hôtel Santa Clara (Sofitel - cinq étoiles) qui est un ancien couvent restauré.

Plus familial, à la sortie de la ville et à 2 minutes de l’aéroport, l’hôtel Las Americas, allie tranquillité et plage.

DERRIÈRE LA CARTE POSTALE

Aujourd’hui, Carthagène compte officiellement 900.000 habitants. Mais ce chiffre est sans doute inférieur à la réalité : loin des sites touristiques, les faubourgs de la ville accueillent des milliers de réfugiés, souvent originaires du département de Bolivar, ou de la Sierra Nevada de Santa marta, que le conflit interne a chassé de leur foyer...